MOLIERE DE LA REVELATION THEATRALE 2009 AUDE BRIANT
NOMINATION AUX MOLIERES 2009
MEILLEUR SPECTACLE DU THEATRE PRIVE
Journal à quatre mains
ACTUELLEMENT EN TOURNEE
Mai 1940, au 44 de la rue Vaneau, deux sœurs, Benoîte la brune et Flora la blonde, écrivent leur journal entrecroisé. Elles ont dix-neuf et quinze ans. Brillantes, cultivées, esprits étonnamment libres et modernes au temps où « l’unique voie de salut pour une jeune fille restait le mariage », elles vont consigner dans ce journal à quatre mains, avec lucidité et humour, cinq années de guerre, la libération et l’arrivée des américains à Paris, réussissant à préserver vaille que vaille, «ce mélange de légèreté et de gravité, de passion de la vie et de frivolité qui fait la grâce des jeunes filles de tous les temps »...
Tout amour est une négociation sinon un combat ; toute amitié a des exigences, des hauts et des bas ; l’amour fraternel est une mer étale et je n’imagine pas de tempête qui puisse soulever cette mer là…
Benoîte Groult
Je t’aime pour toi-même, avec ta tête et tes pensées d’aujourd’hui. Mais je t’aime surtout, il me faut l’avouer, parce que tu as voyagé à travers mon enfance. Tu es une pièce maîtresse de mon passé…
Flora Groult
Pourquoi :
Lisa Schuster m’a proposé d'entendre son adaptation du Journal à quatre mains, qu'elle lisait avec Aude Briant. Par coïncidence, j'avais l'intention au même moment de travailler sur des textes de Benoîte Groult que j'ai la chance de croiser depuis longtemps. La rencontre avec ces deux actrices qui me semblent incarner parfaitement les personnages, la fluidité de l'adaptation théâtrale, l'enthousiasme de l'équipe qui nous entoure, et l'approbation bienveillante de Benoîte Groult ont participé à la mise en chantier de ce projet, qui a la chance de naître au Poche Montparnasse.
J’avais été frappée déjà, lisant le roman, il y a des années, alors que j’avais moi-même à peu près l’âge des protagonistes, par la modernité et l'intemporalité du propos et de la langue. Cette sensation est toujours aussi forte et je prends maintenant conscience de la théâtralité de cette écriture, qui suggère immédiatement des images et se respire comme un dialogue à la musicalité évidente. La période particulière qui sous-tend le parcours induit un climat où le tragique alterne avec la légèreté et produit un va et vient rythmique qui accélère la maturité des personnages. En cela, ces jeunes filles, retrouvées par les femmes qu’elles sont devenues, au moment de la publication du livre, parlent à toutes les femmes et aussi aux hommes qui vivent auprès d’elles. Le Journal à quatre mains est donc composé des cahiers noircis par deux sœurs, au jour le jour, du 6 mai 1940 au 18 janvier 1945. Deux jeunes filles issues d’une « bourgeoisie éclairée », liées par une sororité indéfectible, traversent la Drôle de guerre, depuis ses heures sombres, jusqu’à la vitalité lumineuse de la Libération, dans un parcours initiatique, qui les conduit de l’état de jeunes filles à celui de femmes.
Panchika Velez